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  • Le christianisme, c’est l’aventure. Un chrétien aujourd’hui marche en dehors des sentiers battus

    Je ne fais pas dans la dentèle et n'ai pas peur des sujets qui fâchent, parfois iconoclastes. Mon angle de vue est la finalité de l'homme, qui est d'être glorifié et voir Dieu tel qu'Il est. L'enseignement du Christ est ma nourriture, comme l'amour qu'Il a pour moi et réciproquement. Vous trouverez des articles exposant le point de vue chrétien sur l'avortement, l'écologie, le sociétal d'une manière générale, le Nouvel Ordre mondial, la politique du gouvernement, l'actualité, des commentaires de l'évangile, des exhortations à suivre le Christ... Écrire sur cette tribune me prend du temps; je le fais pour vous, alors n'hésitez pas à donner votre avis, à lancer des débats et à manifester votre soutien. Bonne navigation

POEMES

stances à MARIE

 

L’enfance de l’épouse

C’est de s’être donnée

Sans même conserver le plus petit trésor

Comme tous les enfants dans des boites encor

Pleines d’effluves bleues d’immortelles fanées

 

Pas même le secret d’être reine conçue

pure tout entière

Ni ces humbles instants écoulés en prière

 

Le secret de l’épouse

C’est d’être immaculée

Sa réponse

C’est d’être consacrée

 

Comme une goélette au calme s’est ancrée

Pendant une tempête

Elle ancre d’un secret l’espérance à venir

Ainsi le matelot fixe à l’ancre un orin

Car il tient pour suspect l’aspect des fonds marins

 

Sur ce rude chemin d’être mère de Dieu

Où se tissent les ronces en couronne de reine

Sur ce sentier abrupt aux arbres silencieux

Où la pierre n’épargne à chaque pas sa peine

Elle est celle qui tient

Elle est seule debout

Elle est l’Eve nouvelle

 

Et d’être un même cœur plus encore que chaste

Et d’être pour la terre un flot de trop perçu

Et d’être un même amour plus encore que vaste

Elle épouse la soif d’un Dieu sur un gibet

 

Et son secret encor c’est le flot qui déborde

Et tient tout à la fois au creux de ses deux mains

De la grâce qu’elle a d’être pour les humains

Miséricorde.

 

Et son secret encor c’est la grâce qu’elle a

D’être ce même amour pour ses enfants humains

Et tout ce sang versé c’était un peu le sien

Comme le vin changé aux noces de Cana

 

C’était avant le calme une mer démenée

Puis le calme est venu quand Dieu l’a couronnée

D’un secret

 

Et son secret encor c’est le Verbe en son sein

Qui tisse avec sa chair la trame du destin

Et ce n’est pas pour nous être trop indiscret

 

Et ce n’est pas pour nous se croire tout permis

En son enfantement ce n’est pas l’outrager

Que de lui demander de nous le partager

 

Sur ce chemin marqué de tant d’incertitudes

Alors qu’elle a marché une longue journée

Et puis une autre encore à être retournée

Au bras de son époux et de sa solitude

 

Elle ajoute un secret à sa contemplation

Une perle cachée à sa compassion

Un droit supplémentaire à l’intercession.

Et sa pierre éternelle à l’incarnation

 

Dans les yeux de Marie comme un chant il y a

Toutes les voluptés d’oiseaux incomparables

Et les sources d’eau bleue d’un jardin millénaire

Où l’arbre vénérable

Etend un doux feuillage et une ombre de croix

 

Et dans ses yeux encore

Et dans ses yeux ouverts

Qui penchent par-devers le tout petit enfant

Luit le givre d’hiver et le blanc des chemins

 

Comme il a bien fallu que la grâce soit grande

Comme il a bien fallu que Marie soit petite

Pour passer tête basse entre auberges et gîtes

Et rester tête haute où les pierres se fendent

 

Comme il a bien fallu que la grâce soit haute

Comme il a bien fallu que ses yeux soient baissés

Pour aller en ce lieu des autres délaissé

Où un âne et un bœuf sont pour elle des hôtes

 

Et il a bien fallu que dans ses yeux encor,

Toutes les voluptés de la grâce de Dieu

Demeurent pour masquer la misère du lieu

Avec l’âne et le bœuf pour unique décor

 

Parce que dans ses yeux on vois les yeux fermés

Du tout petit enfant les bergers et les pâtres

Et leurs maigres fagots qu’ils déposent dans l’âtre

Et les douces senteurs de sapins consumé

 

Parce que dans ses yeux comme une hymne l’on voit

Toutes les voluptés des anges innombrables

Qui chantent sur le toit d’une petite étable

Et délaissent l’auberge où l’on gîte et l’on boit

 

Parce qu’on voit cela dans ses yeux infinis

Il y a par surcroît la perle immaculée

Que l’on pêchait jadis aux îles reculées

Du jardin de l’éden au temps du paradis

 

Parce qu’on voit cela dans les yeux de Marie

L’herbe du paradis et le premier jardin

Qui ont si peu servi à cause du déclin

Délivrent leurs secrets avant qu’on les oublie.

 

Dans les yeux de Marie toute la charité

Et tout l’amour aussi et toute la vertu

Que la première femme avait un peu perdue

Se trouvent accomplis pour une éternité

 

Et dans ses yeux encor l’océan et les vagues

Et dans ses yeux encor la mer et les poissons

Et puis encor la glace avec son blanc frisson

Et puis encor le froid qui fait le regard vague

Et dans ses yeux tout seul un oiseau qui s’envole

 

Parce qu’il est minuit à l’heure des pendules

Parce qu’il est minuit et que la nuit recule

Les mages et les rois apportent leur obole

 

Dans les yeux de Marie au calme s’est ancré

Le navire

Par les vagues mouillées qui caressent le sable

Sur la paille dorée répandue dans l’étable

Près de l’enfant dormant elle chante sans bruit

 

L’étable d’aujourd’hui

C’est le trou du métro avec les sans-abri

Quand frappe l’hiver

Le froid mordant de l’hiver qui s’aigrit

Ou au printemps

La voûte du pont

 

L’étable d’aujourd’hui où courent les bergers

C’est la porte qui s’ouvre quand il fait trop froid

Mais nos maisons ne s’ouvrent pas

Elles ont des créneaux et des beffrois

Où sonne l’alarme au danger

D’avoir à partager

 

Femme votre compassion est un tel mystère

C’est un flot sans pareil près de la croix perchée

Un sourire trop beau sous la tête penchée

Le secret de votre âme enveloppant la terre

 

Qui n’est plus dans le temps et vient à aujourd’hui

Qui n’est plus dans le temps mais au fond du calice

C’est la sang de Cana amer et sans épice

C’est le vin de la croix qui s’écoule de Lui

 

Comme il a bien fallu que la grâce soit haute

Pour que vous fassiez fi de votre privilège

Et que vous dérouliez l’éternel florilège

Autant que votre fils du pardon de nos fautes

 

Et il a bien fallu que la grâce soit forte

Pour que vous fassiez fi d’être l’immaculée

Pour que par la souffrance vous soyez brûlée

Autant que votre enfant et que vous soyez morte

 

Et votre compassion nous est un beau rivage

C’est le port après un long voyage

Où le navire au calme s’est ancré

Et c’est sur notre route un éternel sillage

 

J’ai vu une forêt toute plantée de croix

Courue de cavaliers au fil de ses allées

Puis fleurissent de bruits les pentes dévalées

Par les veneurs aux cors qui sillonnent les bois

 

J’ai vu une forêt avec des arbres ronds

Autant qu’il est plaintif de les voir se dresser

Et de ne pouvoir d’une fois enlacer

L’entière souffrance de ces troncs

 

J’ai vu un bois de croix où se heurtent soudain

L’indécence des yeux et des regards plantés

Qui brisent ce désert de jaunes enfantés

De fauves et de verts de biches et de daims

 

Des arbres identiques et dressés si droits

Qu’ils enivrent les sens à ne voir plus qu’eux

Sans limite sans ciel bleu

Des arbres infinis et érigés en croix

 

Une forêt droite encore que parfois

Un arbre se couche seul sur le seuil devant

Un arbre seul penché par la pente et le vent

Un arbre seul d’attendre un lourd linteau de bois

 

Et au fond, dans le bois, furtivement s’enfuient

Des formes et s’esquive au cri de l’hallali

L’animal forcé

Derrière le rideau de ces arbres en pluie.

Ces troncs dressés

Chaque arbre un ennemi qui dérobe et qui ment,

Chaque arbre l’oppression chaque tronc un tyran

 

Et votre privilège de l’Immaculée

C’était pour mieux souffrir et pour mieux vous cacher

Votre jardin

Un arbre

Dressé sur le fond

D’une tragédie

Sous un ciel tissé des tragédies de nos vies

 

Jardin de Jésus-Christ au mont des oliviers

Jardin de l’agonie dans un soir sublimé

Jardin de la folie d’un Dieu à nous aimer

Jardin d’avoir voulu qu’à deux vous nous sauviez

 

Jésus dans le jardin avec un ange

Seul

Revêt sur lui

Le fardeaux

Bien plus noir que la croix et que l’huis du tombeau

De se savoir par vous recouvert du linceul

 

Car il ne manquait rien à son oblation

Car sans même une plaie d’une seule prière

Sans même s’incarner d’une seule lumière

Sans fleurir notre terre avec sa passion

 

Sans tout cela

Il nous aurait sauvés

 

Alors votre souffrance et votre compassion

Surabondance

 

Il y eut sur un crâne un gibet élevé

Et puis vous qui viviez l’agonie solitaire

Seule jusqu’à fouler la terre d’un calvaire

Seule jusqu’à mourir en votre âme de mère

 

Ces arbres infinis c’est votre compassion

A chaque arbre planté

A chaque tronc dressé

Le sourire caché de la recréation

 

Jésus était tout seul au mont des oliviers

Mais vous étiez chaque arbre et dans vos yeux les fruits

Etaient comme des larmes

 

Dans la lourde nuit

Les apôtres dormaient alors que vous viviez

Tout autant que Jésus

La mortelle agonie

 

Les apôtres dormaient

Nous dormons tous

Ils dormaient assommés

 

Il y avait un ange auprès des oliviers

Des arbres et un ange

Et les autres dormaient

Mais vous étiez les feuilles au bout des ramées

Vous étiez l’ange

Et dans la lourde nuit

L’arbre sentinelle

Et presque avant Jésus sous la croix éternelle

 

Puis vous accomplissez sans cesse la promesse

Par la seule tendresse

D’une main caressant le front du transpercé

 

Dans cette main

Il fait bon s’attarder

C’est un lieu où fatigué

On aime musarder

 

Dans cette main il y a l’amour

Dans cet amour il y a la souffrance

Dans cet amour il y a l’espérance

Le chant du vent sur la houle qui danse

Autour de l’océan

 

Espérance pour les hommes

 

Un homme

C’est un galet qui roule dans la nuit

Agité par l’angoisse qui le laisse nu

Souillé de s’être enfui et d’être revenu

Sans cesse

Vers cette main offerte

 

La mère a vu l’enfant sur le bois de la croix

N’a que peine et que mort pour se réconforter

 

Elle doit en son âme à tout jamais porter

Ce fardeau

Fuyant la pénéplaine une biche aux abois

Forcée par le faisceau des sonneurs en furie

 

Crucifiez-le à mort

Libérez Barabas

 

Que cette croix est noire et lourde la passion

 

En son âme elle chante

Mon âme exalte l’enfant Dieu

Lourde est la passion

Quand le magnificat éclairé par la croix

Saisit le corps courbé d’un enfant ou d’un roi

Dans le feu d’une joie faite de compassion

 

Quand une mère a vu son enfant couronné

Ne voyait-elle pas que ce n’était qu’épine

Que le rouge glorieux formant une ravine

Avait l’odeur du sang des enfants nouveau-nés

 

Femme

Je vois ce visage

Il n’est de roi plus vil de sceptre plus terni

Le royaume et le roi semblent être bannis

 

Le glaive a transpercé

Présage du sage

 

Avait-il annoncé ce si morne calvaire

 

Femme

Eternel regard

Qui n’a que peine et mort pour étendre les yeux

Comme si l’Eternel était devenu vieux

Les nues sont alourdies d’un étrange brouillard

 

L’ombre s’abasourdit

Et la meute en furie

Qui traverse d’orgueil la longue pénéplaine

Achève l’animal

Adjurant à la haine

 

Les nues sont assourdies soudain d’une lueur

Tout autour les hommes prennent peur

Et la femme à la croix porte la mort des yeux

 

Sa mort ne suffit pas qu’il veuille de sa main

Nous livrer en pâture une femme si grande

Sous cet arbre mortel aux branches qui s’étendent

De l’infini du Christ au gouffre des humains

 

L’arbre de connaissance

 

Sur un arbre mortel femme j’ai vu la gloire

J’ai perçu sous la croix combien l’amour est noir

Et comme est violente et douce l’espérance

 

Elle paraît brisée d’une grande blessure

Mais elle est là debout la fille d’Israël

Elle paraît brisée

Mais contemple l’agneau sacrifié sur l’autel

Elle paraît blessée d’une grande brisure

 

Mais elle est là debout

Quand les apôtres tombent

Qu’a-t-elle regardé sur le bois de la croix

L’arbre de connaissance

Dont le fruit nous valut la divine naissance

Et la divine mort et la biche aux abois

 

Hors les murs de la ville

Quand les meutes de chiens vinrent à la curée

Quand dans les catacombes s’était emmurée

Une âme la nôtre lépreuse et vile

Celle de l’apôtre

 

Qu’a contemplé la femme au sinistre chevet

Que nos yeux n’aient pu voir

Qu’a-t-elle vu là-haut qui nourrisse l’espoir

Je n’y ai vu qu’un glaive ayant tout achevé

 

L’ombre s’est obscurcie le temps ne bouge plus

La meute s’est enfuie quand a surgi la foudre

Et le sang dans la pluie qu’elle est venue dissoudre

 

Comme la femme est belle ainsi quand il a plu

Quand perle sur les doigts de sa trop pâle main

Qui délie de son front la couronne d’épine

Une goutte de sang

 

Sous le chêne mortel du vieux père trois hommes

Un seul aurait suffit mais ils venaient à trois

Sous l’ombre humide et verte du vieil arbre roi

A l’heure où le soleil dresse l’ombre d’un somme

 

Dans la joie de l’épouse il y a le silence

Et le magnificat

Et le magnificat de ces millions d’années

Contemplées à la croix d’éternelle souffrance

 

Le silence profond du faste des abîmes

 

Dans la joie de Marie comme un chant il y a

Une voix dans le soir faite d’eau et de vent

De la couleur d’un vent que l’on entend venir

Et que l’on voit partir emportant la douleur

L’eau de la joie sans fin des espaces marins

Celle de l’océan à l’étrange démence

Qui langoureusement oscille son pendule

Et contient tout entier

La perle rouge sang de l’amère passion

 

Son âme exalte l’enfant mort

Une joie sans pareille à l’ombre du vieux chêne

A l’heure où le soleil à l’ombre nous enchaîne

S’écoule comme l’eau pour éternellement

Pour apaiser la soif d’avant le percement

 

Jésus est sur la croix pour éternellement

Marie est sous la croix pour son apaisement

Cette croix n’était pas sur votre épaule frêle

Mais elle était la foi devant le gibet noir

Et l’espérance nue devant le désespoir

La croix qu’elle portait c’était d’être fidèle

régis de la turmelière

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Saint Pierre pas à pas

 

Saint Pierre pas à pas, sur les routes à pieds,

Saint Pierre naviguant à la rame vers Rome,

Un dur galiléen de tout petit bonhomme,

Qui lâche son filet et quitte ses sentiers.

 

Saint Pierre le pêcheur qui savait presque lire,

A peine plus bien sûr, à quoi ça servirait

Que ses frères du lac ? Et qu’est-ce qu’il lirait

Assis sur les filets de son frêle navire ?

 

Saint Pierre avec la croix de son triple mensonge,

Avec le droit qu’on a de pouvoir les compter,

Avec ses pauvres mots sans rien à raconter,

Tout nu sur son bateau, se vêt d’un linge et plonge.

 

C’est lui cet homme là qui marche sur la ville,

Qui n’a jamais rien vu hors son petit village,

Qui n’a jamais tracé qu’un malingre sillage.

C’est lui ce conquérant qui vers Rome défile.

 

Il marche tête haute et pourtant maugréant,

Mais tout bas sur le sort d’être le premier chef,

D’être le premier pape avec ses premiers brefs.

Depuis ses bords de lac il maugrée et pourtant,

 

Qui d’autre comme lui pouvait tenir ce rôle ?

Qui d’autre que l’apôtre au glaive dégarni

Pouvait être berger des premières brebis ?

Qui pouvait mieux charger ce poids sur ses épaules ?

 

Il regrette le temps de sa barque légère.

Il pense à ses filets plutôt qu’à ce troupeau

Aux contours si flous dont il a le dépôt,

Et l’exile si tôt en terres étrangères.

 

Saint Pierre n’aime pas que les choses échappent,

Lui cet homme pratique, à sa compréhension.

Mais on peut être saint marchant à reculons.

Il faut bien être saint quand on est premier pape.

 

Alors saint Pierre marche avec son cœur de pierre,

Traînant ce souvenir qui lui brûle les yeux,

Qui lui creuse précoce un visage de vieux,

Pense à chaque enjambée qu’il trace la dernière.

 

C’est vers Rome qu’il va, lui le pauvre pêcheur,

Portant au cœur l’empreinte de sa félonie

Et gravé dans sa chair le sceau de l’agonie.

C’est vers Rome qu’il va, lui le pauvre pécheur.

 

Il n’a pas vu la Croix car elle était si loin.

Car il était si loin et il faisait si sombre.

Il n’a vu de la Croix que de lointaines ombres

Mais à Rome il dira ce dont il fut témoin.

 

Pierre c’est le bouillant qui frappe de l’épée,

Avec son sang qui boue tout au long de ses veines.

Il aurait bien tué ce frère de la haine,

Imaginant à point sa tête découpée.

 

Mais il y avait eu ce double chant d’oiseau,

Pour qu’il prenne le pli de la miséricorde

Et sous le fils perdu balançant à sa corde,

Rengaine sa vengeance à son dernier fourreau.

 

Pierre c’est un marin avec la tête dure,

Si dure que parfois on le croirait Breton.

On a trop vite fait de le dire poltron,

On a trop vite ri de sa triple blessure.

 

Aurait-on mieux agi par cette nuit obscure ?

Judas ne savait pas la portée de son pacte.

Pierre ignorant aussi l’étendue de son acte,

Attendait que Jésus daigne au plus tôt conclure.

 

L’illustre sanhédrin, avant l’aurore certes,

Devait honteusement devant Dieu se soumettre.

Il attendait confiant la sortie de son maître.

Pierre attendait, confiant, la fin de cette alerte.

 

Et puis ce n’était pas cette triste drôlesse,

Qui faisait la bravache avec la valetaille,

Ce n’était pas non plus cette simple piétaille

Et ni cette cohue et ni cette bougresse,

 

Qui le prendraient au piège à force d’ironie !

Convenait-il à Pierre de se justifier

Devant quelques valets qui viendraient le défier ?

Et pour confondre les impertinents, il nie.

 

Il porte sur le dos l’insupportable poids

D’avoir de son salut éprouvé l’exigence.

Mais pire poids encor, fruit de son impuissance,

De n’être pas cloué près de Lui sur la croix.

 

Pierre marche vers Rome une croix sur le dos.

Il passe des ravins à la terre brûlée,

Où comme de ses yeux, tant de larmes coulées,

ont laissé des sillons d’anciennes chutes d’eau.

 

Et cette pauvre Eglise qui commence ainsi,

Qui a cet air déjà, avec cet homme rustre,

D’être sur son déclin par son manque de lustre,

Depuis le premier jour où son chef a trahi.

 

Et cette jeune Eglise qui commence ainsi,

Avec cet homme dur fait d’une pierre tendre,

Qui fait la forte tête et ne veut rien entendre

Autant que ses longs pleurs ne se sont point taris.

 

Aura-t-on jamais vu le marbre se plier ?

Pour ployer ce grand saint, il faut de la finesse

Et le temps qui se mêle à la molle caresse

Du sable s’écoulant du trou du sablier.

 

Et cette jeune Eglise fait ses premiers pas

Comme neige qui fond au temps de la débâcle.

Mais elle s’est vu naître au milieu du Cénacle,

Alors Rome approchant, elle ne s’effraie pas.

 

Car sur ses fondations est scellée une pierre,

Avec le dur ciment de ce terrible sceau

Qui allie l’homme à Dieu par le sang de l’Agneau.

Avec le fort ciment de toutes les prières.

 

Pierre est celui qui doit à chaque heure sonnante,

Pierre est celui qui doit à chaque instant gravé,

Pierre est celui qui doit à chaque jour levé,

Croire qu’on peut marcher sur les vagues mouvantes,

 

Pierre s’élance ainsi vers sa ville dernière

Pierre c’est le poète d’un monde à l’envers

Pierre c’est le poète qui aima la mer

Pierre s’élance ainsi vers la croix meurtrière.

 régis de la turmelière

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